25 iunie 2017 | 6:40

Vechile Biserici creștine. O scurtă istorie a începuturilor

Manuscris siriac al Bibliei

 1.Biserica perșilor

 Începuturile fondării Bisericii creștine privesc o geografie mai largă decât ne putem închipui astăzi. Câți mai știu de Biserica perșilor, a goților, a vechii Armenii, sau a Abisiniei ? Ne propunem prezentarea acestora la fundamentele istoriei lor, cu acele tulbărari specifice oricărei nașteri. Punctul de vedere al analizelor, în limba franceză, va fi unul canonic și istoric, într-o încercare de reconstituire a începuturilor creștinismului, într-o perioadă zbuciumată  a istoriei romane și a Orientului. Voiajul nostru va va cuprinde un spațiu larg, de la Dunăre la vechii perși, prin Armenia și Abisinia . Ordinea prezentării va fi diacronică.

   1.L’Eglise des Perses

    Après l’expansion du christianisme dans l’Empire perse, on assiste à un développement de nombreux sièges épiscopaux dans cette région. Pendant les persécutions de Dèce (vers 250) et Valérien (257-258), les chrétiens romains frontaliers trouvaient refuge dans l’Empire perse où l’Eglise pouvait se développer paisiblement[1]. Ce phénomène d’émigration a entraîné aussi de multiples conversions ayant pour conséquence l’augmentation considérable du nombre de fidèles de la jeune Eglise perse. Il est particulièrement intéressant de constater que les chrétiens autochtones et les chrétiens romains réfugiés constituaient deux Eglises parallèles, ayant chacune leur responsable et leurs formes propres d’organisation. Ainsi, à Rew-Ardachir il y avait une Eglise bâtie pour les chrétiens perses avec une liturgie en syriaque, et une autre pour les chrétiens romains qui célébraient la liturgie dans leur langue, le grec[2]. Même aux premières décennies du Ve siècle, nous apprenons l’existence de ces deux Eglises parallèles, chacune avec sa hiérarchie, où le grec et le syriaque étaient conservés comme langue liturgique[3]. Il est encore plus remarquable le fait que dans les conditions dans lesquelles l’Eglise perse se trouvait sous la juridiction de l’Eglise antiochienne, l’évêque d’Antioche, Démétrianus, déporté en 256 en Perse, à Gundêschâpûr ne soit pas devenu le responsable de l’Eglise perse[4]. Donc, malgré le fait que l’Eglise d’Antioche gardait une grande influence sur le plan théologique et une ascendance morale, l’Eglise perse se sentait depuis ses origines comme une Eglise autonome.

    Le premier évêque de Séleucie-Ctésiphon, Papa Bar Aggai (317- 326/7) a essayé de partir dès 315, mais non sans opposition de la part des ses collègues, d’établir la prééminence de son siège par rapport aux autres sièges épiscopaux situés dans le territoire de la Perse Sassanide[5].  Les évêques perses ont protesté contre cette idée d’unification des leur Eglise locale et ont convoqué un synode pour débattre le délicat problème de la direction de l’Eglise perse[6]. Nous pouvons considérer que ce synode réuni d’une manière spontanée peut être qualifié comme le premier synode national de l’Eglise perse car il rassemblait tous les évêques perses mécontents de l’action menée par l’évêque de la capitale[7]. L’activité synodale amorcée à l’initiative des évêques perses a conduit à un développement de cette forme de gouvernement ecclésiastique qui a culminé avec deux grands synodes nationaux tenus en 410 et en 424 à  Séleucie-Ctésiphon.

    Le concile national de l’Eglise perse réuni à Séleucie en 410 et présidé par l’évêque du lieu Isaac (399-410) a eu la même importance et la même influence pour cette Eglise que le concile nicéen a eue pour l’Eglise de l’Empire romain. A l’instar de Constantin, le roi Yazdegerd I (399-421), encouragé par Marutha, le délégué de l’Eglise d’Antioche, convoquait dans la capitale de son royaume tous les évêques perses. Les procès verbaux de ce concile national collectionnés et transmis dans le Synodicon Orientale sont précédés d’un prologue qui faisait état de l’importance de cette réunion pour l’Eglise perse : « Récit des choses qui furent réglées dans l’assemblée des évêques qui se tint pour la première fois dans le pays des Perses ; des canons et des règles qui furent établis en Occident, dans le pays des Romains, par les évêques de cette contrée, et auxquels les évêques de la terre des Perses adhérèrent aussi ; des choses que ceux-ci établirent et définirent d’eux-mêmes touchant le rang des évêques et des métropolitains, le patriarche et tout l’ordre du clergé ; des avis qu’ils établirent pour le ministère ecclésiastique ; de la profession de foi des trois cent dix-huit Pères évêques, à laquelle ces évêques persans, qui étaient au nombre de quarante, ajoutèrent diverses choses qu’ils ont acceptées, admises et confirmées relativement aux autres canons établis par leur parole et leur signature »[8]. De ce prologue on apprend non seulement que les évêques Perses ont adopté les formes d’organisation ecclésiastiques établies à Nicée, les canons et la profession de foi nicéenne[9], mais encore qu’ils ont ajouté, établi et adapté d’autres réglementations propres à leur Eglise.

    A ce synode, Marutha a été muni de trois lettres « des Pères occidentaux » : la première l’accréditait personnellement auprès de Yazdegerd Ier et d’évêques perses, la seconde devait être lue devant le roi des Perses et la troisième contenait des instructions adressées à Isaac, évêque de Séleucie-Ctésiphon. Ces lettres étaient signées par l’évêque Porphyrios d’Antioche et par d’autres évêques de la Syrie et de la Mésopotamie[10].

     A l’issue de ce synode, l’Eglise perse a été entièrement réorganisée. Celui qui a dirigé l’adaptation des provinces ecclésiastiques et des circonscriptions épiscopales à la subdivision administrative de l’Etat a été Marutha[11]. L’évêque de Séleucie-Ctésiphon, grand-métropolitain et catholicos de toute l’Eglise perse, à qui l’évêque de Kashkar servait de « ministre », avait sous sa juridiction cinq métropolitains, établis à Beth Lapat (Gundêschâpûr), à Nisibe, à Prat, à Arbal et à Karkha[12]. Pourtant quelques communautés isolées plus éloignées de ces sièges continuaient à se trouver en dehors de cette organisation métropolitaine[13]. Une autre réforme toute aussi importante a été l’abolition de la double hiérarchie dans certaines villes où un évêque dirigeait les descendants de la population déportée et un autre la population autochtone. Dorénavant il devait avoir un seul évêque dans chaque diocèse qui devait être ordonné par trois évêques avec l’autorisation écrite de l’évêque de Séleucie-Ctésiphon[14]. Le désir d’être en communion ecclésiale avec l’Eglise impériale a été aussi exprimé par l’uniformisation du calendrier, notamment en ce qui concernait la date de Pâques[15].

    Bien que le synode ait reconnu l’autorité des canons nicéens, ils ont adapté certains d’entre eux aux conditions locales. Par exemple, le canon 5 de Nicée qui prévoyait la réunion des évêques d’une Eglise locale deux fois par an, a été réadapté aux besoins et aux possibilités réelles de cette Eglise.  Ainsi, après le texte de ce canon, les Pères perses ont ajouté dans leur canon 6 : « Nous demandons instamment aux chefs du synode que tous les deux ans une fois, tandis que le roi est à Séleucie et Ctésiphon, le grand métropolitain qui occupe le siège de Kôke[16] nous écrive pour que nous nous rassemblions joyeusement et que nous venions vénérer et honorer Sa Paternité.  Tout ce qu’il nous prescrira selon la crainte de Dieu, nous le ferons sans retard ; les lois du Christ Notre-Seigneur qu’il nous fixera, nous les recevrons, et nous accomplirons avec respect et docilement sa volonté »[17]. Ce canon est important pour notre propos puisqu’il nous informe que le synode national était réuni une fois tous les deux ans  et il était convoqué par le roi et par le catholicos. Il est aussi remarquable de constater que les synodes provinciaux n’ont pas pu pas s’imposer et leurs prérogatives ont été transférées au concile national.

    Le canon 12 nous laisse entendre que jusqu’au synode de 410 les évêques perses reconnaissaient l’autorité suprême du roi, l’autorité qui était transféré désormais à l’évêque de Séleucie-Ctésiphon. Le texte du 12 canon précisait : « Nous acceptons tous volontairement, et nous avons reçu ordre de Yezdegerd, Roi des rois, nous tous évêques de ces contrées de l’Orient et ceux qui viendront après nous, d’obéir en toutes choses justes et prescrites à l’évêque, catholicos, archevêque, métropolitain de Séleucie et Ctésiphon, jusqu’à la venue du Christ, c’est-à-dire à tout évêque qui siégera sur le trône sublime de cette église de Kôke »[18].

    Dix ans, plus tard, un autre synode national perse présidé par le catholicos Mar Yahbalaha Ier admettait dans la législation ecclésiastique perse « les autres canons établis par le synode qui eut lieu à Ancyre de Galatie et à Souria de Cappadoce ; les autres canons établis par le synode qui eut lieu dans la ville de (Néo-) Césarée ; les autres canons établis par le synode qui eut lieu dans la ville de Gangrès ; les autres canons établis par le synode qui eut lieu dans la ville d’Antioche, lors de la dédicace de l’église ; les autres canons établis par le synode qui eut lieu dans la ville de Laodicée en Phrygie »[19].

    Dans le synode national perse réuni en 424, sous la présidence du catholicos Dadiso (421-456), l’Eglise perse prenait définitivement sa distance vis-à-vis de l’Eglise d’Antioche en se déclarant indépendante de toute autorité extérieure[20]. D’ailleurs, Dadiso, le premier catholicos de l’Eglise autocéphale, décidait d’interdire à ses évêques suffragants de porter plainte contre leur catholicos devant les « Pères d’Occident » en stipulant que toute accusation qui ne pouvait pas être jugée par lui devait être réservée au tribunal du Christ.

    Donc, selon la mentalité de l’époque, l’Eglise perse ne considérait pas nécessaire d’avoir besoin d’une reconnaissance officielle de la part de l’Eglise d’Antioche et « il faut considérer cette décision comme la manifestation d’un désir naturel de toute Eglise nationale d’être indépendante des autres Eglises, lesquelles à ses yeux sont aussi des Eglises nationales »[21].

   L’Eglise impériale constatait seulement l’existence de cette Eglise autocéphale et nationale et on n’avait pas de reproches à lui faire avant qu’elle ne passe au nestorianisme.  Les relations entre les Eglises locales de l’Empire romain et l’Eglise perse ont été pendant des siècles plutôt distantes, à cause des hostilités qui existaient entre les deux Empires. Cela a déterminé l’Eglise perse de s’organiser d’une manière indépendante par rapport aux autres Eglises locales de l’Empire[22].


[1] J.-M. FIEY, L’expansion de l’Eglise de Perse, dans Istina, nr. 40, 1995, p. 149.

[2] R. LE COZ, Histoire de l’Eglise d’Orient. Chrétiens d’Irak, d’Iran et de Turquie. Paris, 1995, p. 25.

[3] S. BROCK, L’Eglise de l’Orient dans l’Empire sassanide jusqu’au VIe siècle et son absence aux conciles de l’Empire romain, dans Istina, 1995, t. 40, 1995,  p. 27.

[4] R. LE COZ, Histoire de l’Eglise d’Orient…, p. 25.

[5] N. TAJADOD, Les Porteurs de lumière. L’épopée de l’Eglise de Perse, éd. Albin Michel, 2008, p. 112.

[6] Malgré les arguments invoqués par le Pape Bar Aggai pour centraliser l’Eglise perse (il faisait tout spécialement référence au modèle « occidental » d’organisation qui, selon lui, avait aidé les chrétiens à mieux résister aux persécutions), les évêques l’ont accusé d’avoir des ambitions personnelles et l’ont déposé. Ultérieurement grâce au soutien des Eglises « occidentales », le pape Bar Aggai a été réhabilité et il a réoccupé son siège épiscopal. Pour plus de détails concernant les débats de ce synode voir N. TAJADOD, Les Porteurs de lumière…, pp. 112-121.

[7] L’ambiance qui régnait dans les communautés chrétiennes perses au début du IVe siècle est décrite en couleurs sombres par Afraat, l’une des personnalités les plus marquantes de l’époque, dans sa XIVe homélie. Ainsi, il dénonçait le fait que les évêques perses ne se souciaient pas des intérêts de la communauté et des enseignements de la foi, mais bien au contraire les ambitions personnelles, l’orgueil, l’avarice et la simonie florissaient parmi eux. Cf. A. CHRISTENSEN, L’Iran sous les Sassanides, 2ème édition revue et augmentée, Copenhague, 1944, p. 267. Quoi qu’il en soit, comme l’observe J.-M. Fiey, cet épisode de l’histoire de l’Eglise perse est « un des moments importants de l’affermissement de la primauté de Séleucie-Ctésiphon ». J. M. FIEY, Les étapes de la prise de conscience de son identité patriarcale par l’Eglise syrienne orientale, dans L’Orient Syrien, nr. 12, 1967, p. 12.

[8] J. B. CHABOT, Synodicon Orientale ou Recueil de Synodes Nestoriens, publié, traduit et annoté par J. B. Chabot d’après le Ms. Syriaque 332 de la Bibliothèque Nationale et le Ms. K. VI, 4 du Musée Borgia, à Rome, dans Tiré des Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale et autres Bibliothèques, t. 37, Paris, 1902, p. 253-254.

[9] Toutefois, dans le texte du Synodicon Orientale on trouve quelques légères différences concernant la formulation de la foi nicéenne. Ainsi, l’expression grecque « il s’est fait chair » apparaît dans le Synodicon Orientale « il fut dans un corps », tandis que dans la recension orthodoxe syriaque utilise l’expression « il revêtit un corps ». Cf. S. BROCK, L’Eglise de l’Orient dans l’Empire sassanide…,  p. 31.

[10] J. LABOURT, Le christianisme dans l’Empire perse, sous la dynastie sassanide, Paris, 1904, p. 93.

[11] Cf. C. et F. JULLIEN, Aux origines de l’Eglise de Perse : Les Actes de Mar Mari, dans Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium,  vol. 604, t. 114, Lovanii, 2003, p. 61, nota 191.

[12] A. CHRISTENSEN, L’Iran sous les Sassanides…, p. 271.

[13] Ibidem, p. 271.

[14] S. BROCK, L’Eglise de l’Orient dans l’Empire sassanide…, p. 30.

[15] Ibidem, p. 30.

[16] L’église de Kôké était la résidence officielle du catholicos qui se trouvait à Séleucie. Cf. J. B. CHABOT, Synodicon Orientale…, p. 265, nota 1.

[17] J. B. CHABOT, Synodicon Orientale…, p. 264-265.

[18] Ibidem, p. 266.

[19] Ibidem, p. 278.

[20] W. DE VRIES, Le conception de l’Eglise chez les Syriens séparés de Rome, dans L’Orient Syrien, nr. 3, fasc. 2, 1958, p. 150.

[21] F. DVORNIK, Eglises nationales et Eglise universelle, dans Istina, nr. 36, 1991, p. 15.

[22] Ibidem, p. 14.

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2 Comentarii

  1. levantin velicusas spune:

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  2. ADMIN spune:

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